blog___speakingNick Hornby, un auteur que je ne connais pas (encore) a ressemblé ces nouvelles inédites, pour une bonne cause, qui n'est pas l'intérêt principal du bouquin. Pour la plupart, je ne connaissais pas (ou mal) les auteurs, mais j'en avais entendu parler, bien sûr - et je suis toujours un peu méfiante envers ces "auteurs à la mode", qui ont des préoccupations très éloignées de ce que je recherche en littérature, et qui se prêtent un peu trop complaisamment à mon goût au cirque médiatique, comme des éléphants désireux de se tenir le plus longtemps possible sur leur ballon pour que l'on parle d'eux. Alors? gloires de cirques ou jeunes écrivains talentueux?

Lucky blog___speaking02 se casse la figure dans la salle de bains: une bonne occasion de faire le point, notamment sur ses relations avec sa fille, mais aussi sur les limites (peu nombreuses...) qu'elle s'est fixée dans sa vie, sur un corps qu'elle refuse de voir vieillir, et sur sa façon bien peu féministe (mais ô combien efficace) d'être femme (Luckybitch, Helen Fielding). Au Royaume-Uni, le Premier Ministre blog___speaking03 perd complètement la boule, à moins qu'il n'ose, enfin, être lui-même? En tous cas, les résultats dérisoires et pathétiques d'une fugue presque innocente vont prendre des proportions... assez inévitables (PQM, Robert Harris). Meg blog___speaking04 se rend compte que dix ans de plus, ce n'est pas forcément dix ans de trop - et entre nous, ça fait du bien (The wonder spot, Melissa Banks)

. Un lycéen qui aimerait bien être Peter Shelley blog___speaking11 et une jeune fille qui s'appelle simplement Georgia découvrent ensemble pas mal de choses sur le sexe et les sentiments (Peter Shelley, Patrick Marber). Une intendante extrêmement respectable exauce des dernières volontés aux saveurs douces-amères blog___speaking12 (Last requests, Giles Smith). Quand on vit au pays de rien, on ne rêve que d'une chose: s'échapper dans les histoires de sa grand-mère. Et même si cette dernière est vieille et malade, ses histoires rendent la vie infiniment plus supportable blog___speaking08 (The department of nothing, Colin Firth). La soeur du narrateur blog___speaking05 fait des films, et rencontre l'ami du narrateur, qui est vraiment très grand: un évènement majeur de son adolescence - faut-il qu'elle soit vide... (I'm the only one, Zadie Smith). Un crane d'oeuf blog___speaking10 est engagé pour veiller sur une oeuvre qui est et n'est pas de l'art, qui est et n'est pas de la provocation, et toutes sortes de choses se mettent à fermenter, des idées, des émotions, et beaucoup de questions extrêmement intéressantes (NippleJesus, Nick Hornby). Un chien blog___speaking01 court beaucoup, de façon très métaphysique mais un peu à vide, entre deux passages dans la rivière (After I was throwned in the river & before I drowned, Dave Eggers). Terry blog___speaking06 trouve un rat mort dans sa cuisine. Et pour l'enlever, c'est vraiment toute une histoire... que je n'ai pas eu le courage de finir. Quelque chose à voir avec le bilan de la quarantaine, probablement (The slave, Roddy Doyle). Joe a vraiment une manière très particulière de se faire psychanaliser (Catholic guilt (You know you love it), Irvine Welch). Un mime blog___speaking09 se fait une vie éblouissante et ratée, en quelques pages denses sur la difficulté d'être, l'enfermement et les bassesses quotidiennes (Walking into the wind, John O'Farrell).

Bref, tout ça fait, à mes yeux, beaucoup de gloires du cirque. Pas mal de ces nouvelles ne disent rien, et trop d'entre elles se passent d'une vraie trame narrative. Restent l'excellent NippleJesus (oui, je lirai Nick Hornby, promis), un Colin Firth fin et agréable, et les grandeurs et décadences classiques mais bien vues du héros de John O'Farrell. Quant aux autres... j'ai quand même eu le plaisir de lire en anglais. Pas forcément en "bon" anglais, d'ailleurs: ah! l'argot-qui-fait-vrai! pourvu que ça ne devienne pas un incontournable... Je ne tiens pas non plus spécialement à garder les marmonnements intérieurs (utilisés systématiquement sur plusieurs pages, ils perdent beaucoup de leur charme), ni les boucles et les répétitions (le style qui fait sens, à mon sens, ce n'est pas ça). Mais peut-être est-ce aussi le principe des recueils de nouvelles: rares sont ceux que j'ai aimés de la première à la dernière.