ekwerkwe's nest

Les notes de lecture d'ekwerkwe

19 septembre 2007

Speaking with the angel, edited by Nick Hornby

blog___speakingNick Hornby, un auteur que je ne connais pas (encore) a ressemblé ces nouvelles inédites, pour une bonne cause, qui n'est pas l'intérêt principal du bouquin. Pour la plupart, je ne connaissais pas (ou mal) les auteurs, mais j'en avais entendu parler, bien sûr - et je suis toujours un peu méfiante envers ces "auteurs à la mode", qui ont des préoccupations très éloignées de ce que je recherche en littérature, et qui se prêtent un peu trop complaisamment à mon goût au cirque médiatique, comme des éléphants désireux de se tenir le plus longtemps possible sur leur ballon pour que l'on parle d'eux. Alors? gloires de cirques ou jeunes écrivains talentueux?

Lucky blog___speaking02 se casse la figure dans la salle de bains: une bonne occasion de faire le point, notamment sur ses relations avec sa fille, mais aussi sur les limites (peu nombreuses...) qu'elle s'est fixée dans sa vie, sur un corps qu'elle refuse de voir vieillir, et sur sa façon bien peu féministe (mais ô combien efficace) d'être femme (Luckybitch, Helen Fielding). Au Royaume-Uni, le Premier Ministre blog___speaking03 perd complètement la boule, à moins qu'il n'ose, enfin, être lui-même? En tous cas, les résultats dérisoires et pathétiques d'une fugue presque innocente vont prendre des proportions... assez inévitables (PQM, Robert Harris). Meg blog___speaking04 se rend compte que dix ans de plus, ce n'est pas forcément dix ans de trop - et entre nous, ça fait du bien (The wonder spot, Melissa Banks)

. Un lycéen qui aimerait bien être Peter Shelley blog___speaking11 et une jeune fille qui s'appelle simplement Georgia découvrent ensemble pas mal de choses sur le sexe et les sentiments (Peter Shelley, Patrick Marber). Une intendante extrêmement respectable exauce des dernières volontés aux saveurs douces-amères blog___speaking12 (Last requests, Giles Smith). Quand on vit au pays de rien, on ne rêve que d'une chose: s'échapper dans les histoires de sa grand-mère. Et même si cette dernière est vieille et malade, ses histoires rendent la vie infiniment plus supportable blog___speaking08 (The department of nothing, Colin Firth). La soeur du narrateur blog___speaking05 fait des films, et rencontre l'ami du narrateur, qui est vraiment très grand: un évènement majeur de son adolescence - faut-il qu'elle soit vide... (I'm the only one, Zadie Smith). Un crane d'oeuf blog___speaking10 est engagé pour veiller sur une oeuvre qui est et n'est pas de l'art, qui est et n'est pas de la provocation, et toutes sortes de choses se mettent à fermenter, des idées, des émotions, et beaucoup de questions extrêmement intéressantes (NippleJesus, Nick Hornby). Un chien blog___speaking01 court beaucoup, de façon très métaphysique mais un peu à vide, entre deux passages dans la rivière (After I was throwned in the river & before I drowned, Dave Eggers). Terry blog___speaking06 trouve un rat mort dans sa cuisine. Et pour l'enlever, c'est vraiment toute une histoire... que je n'ai pas eu le courage de finir. Quelque chose à voir avec le bilan de la quarantaine, probablement (The slave, Roddy Doyle). Joe a vraiment une manière très particulière de se faire psychanaliser (Catholic guilt (You know you love it), Irvine Welch). Un mime blog___speaking09 se fait une vie éblouissante et ratée, en quelques pages denses sur la difficulté d'être, l'enfermement et les bassesses quotidiennes (Walking into the wind, John O'Farrell).

Bref, tout ça fait, à mes yeux, beaucoup de gloires du cirque. Pas mal de ces nouvelles ne disent rien, et trop d'entre elles se passent d'une vraie trame narrative. Restent l'excellent NippleJesus (oui, je lirai Nick Hornby, promis), un Colin Firth fin et agréable, et les grandeurs et décadences classiques mais bien vues du héros de John O'Farrell. Quant aux autres... j'ai quand même eu le plaisir de lire en anglais. Pas forcément en "bon" anglais, d'ailleurs: ah! l'argot-qui-fait-vrai! pourvu que ça ne devienne pas un incontournable... Je ne tiens pas non plus spécialement à garder les marmonnements intérieurs (utilisés systématiquement sur plusieurs pages, ils perdent beaucoup de leur charme), ni les boucles et les répétitions (le style qui fait sens, à mon sens, ce n'est pas ça). Mais peut-être est-ce aussi le principe des recueils de nouvelles: rares sont ceux que j'ai aimés de la première à la dernière.

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18 septembre 2007

Au seuil de l'abîme, Hake Talbot

blog___ab_me"Dieu du Ciel, Frank! Jamais je n'aurais pensé vous voir un jour boire de l'alcool. Que vous arrive-t-il?"

Je ne sais pas l'effet que vous fait cette phrase. Moi, quand mes yeux sont tombés dessus, en feuilletant le roman, j'ai flairé le faux polar, un surjeu plein d'auto-dérision, bref, un chouette moment au coin du feu...

Tant pis pour le suspense, je vous le dis tout de suite: j'avais tort. Au seuil de l'abîme est un vrai roman policier, avec un lieu plus ou moins clos, un crime atrocement compliqué, des motivations obscures, des indices trompeurs, un héros vraiment très malin, et un dénouement, comme de juste, in extremis. C'est plein de prestidigitation, de magie, de fantômes, de pas qui s'arrêtent au milieu de nulle part, qui déplacent le roman policier sur le territoire du fantastique. Et c'est remarquablement ennuyeux.

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15 septembre 2007

Gandahar, Jean-Pierre Andrevon

blog___gandaharGandahar, c'est un somptueux territoire de fantasy, une folie de technologie végétale et animale, un paradis écolo sous acide. Mais cette douceur de vivre un peu décadente est menacée par d'étranges mouvements aux frontières: des hommes-machines se prépareraient à envahir le royaume. Sylvin Lanvère, envoyé en reconnaissance par la reine Ambisextra, se fait bien vite rattraper par la guerre. Mais au cours de sa mission, il aura le temps de rencontrer des cousins reniés, un dragon en veine d'adoption, une très jolie fille bleue, des durs vraiment pas tendres, ainsi que le fascinant et mystérieux Métamorphe.

Roman d'aventures, réflexion écologique, interrogation sur le temps et la mémoire, Gandahar est à la croisée de la fantasy et de la SF. Son esthétique "flower power" ne m'a pas emballée: je préfère largement les polars glauques et futuristes d'Andrevon, comme Shukran ou Le travail du Furet. Mais une sublime trouvaille sauve le roman de la facilité et de la désuétude: un Métamorphe que j'aimerais voir dessiné par Miyasaki, tant il est grandiose - et que j'aimerais rencontrer, au moins en rêve...

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22 juillet 2007

Jane et Prudence, Barbara Pym

blog___pymChiffonnette avait été très enthousiaste, aussi quand l'autre jour, à la bibliothèque, je suis tombée sur un roman de Barbara Pym, je me suis précipitée. Peut-être un peu trop d'ailleurs, car ce n'était pas celui que la miss avait chroniqué.

Jane et Prudence se sont connues à Oxford: l'une y était professeur, l'autre élève. Dix ans plus tard, l'une est mariée à un pasteur fraîchement muté dans un petit village de la campagne anglaise, tandis que l'autre a un travail mal défini auprès d'un docteur vaguement célèbre, dont elle s'efforce d'être amoureuse. Jane a bien d'autres projets pour son amie, notamment la présenter à Fabian, un veuf très beau et très infidèle à sa défunte femme. Sauf que ce que veut Prudence, c'est une histoire d'amour ininterrompue: et si son partenaire change régulièrement, son coeur à elle, du moins, est-il toujours occupé.

Je n'ai pas aimé. Sans reproches particuliers à formuler pourtant, si ce n'est que ça ne m'a tout simplement pas intéressée. Je me suis sentie très loin des personnages de ce roman, dont je n'ai pas perçu les enjeux. Tant pis!

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21 juillet 2007

La porte de pierre, Diana Gabaldon

Le chardon et le tartan - I

blog___gabaldon1A vue de nez, ça avait l'air d'une bonne saga pour greluches, et je n'étais pas terriblement emballée. Et puis un geek de mes amis m'a dit qu'il était fan, au point d'avoir toute la série en grands formats brochés, et j'en suis restée tellement perplexe que j'ai demandé à la toujours prêteuse kalistina son tome 1. Pour faire la part des choses, en somme, en essayant de n'être point trop cynique.

Et ô! surprise! ça a marché! Dans un premier temps du moins... Disons que le voyage dans le temps offre des perspectives intéressantes à ce qui serait, sinon, une banale histoire de bigamie. Et l'auteur ouvre pour la suite des pistes pleine du charme de la fantasy, dans les décors ô combien envoûtants de l'Ecosse embrumée, avec ses châteaux, ses pierres dressées et ses monstres lacustres...

Je crois que j'ai commencé à vraiment décrocher à partir du mariage "forcé", et des rebondissements vraiment tirés par les cheveux qui ont suivi: il me semble qu'il aurait été plus intéressant de se passer de ces mauvais prétextes un peu trop roses à mon goût, et que l'auteur et son héroïne assument de vrais choix, mais bon, c'était probablement plus difficile (ambitieux?) à mettre en place. Quelques notes d'humour sauvent quand même l'ensemble: j'ai beaucoup aimé l'héroïne qui jure comme un charretier et scandalise des hommes qui ne ressemblent pourtant pas à des agneaux du printemps, et son rôle d'"initiatrice" face à un mari plein de bonne volonté, sinon d'expérience.

En tous cas, je laisserai Claire et Jamie se débattre tout seuls dans les douze prochains volumes de la série.

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20 juillet 2007

One for the money, Janet Evanovich

blog___plum1Les temps sont durs pour Stephanie Plum. Et quand on se retrouve au pied du mur, on se met parfois de drôles d'idées en tête: par exemple, que la seule solution pour ne pas couler à pic est de devenir chasseuse de prime. A la place de Miss Plum, même si l'idée m'en avait traversé la tête, elle n'aurait fait que passer. Mais Stephanie est plutôt obstinée - à défaut d'être baraquée et/ou de savoir se servir d'un revolver et/ou d'avoir deux grammes de bon sens. Elle se lance donc sur la piste du très sexy Joe Morelli, croise celle du très dangereux Benito Ramirez, se ramasse un nombre assez incroyable de gamelles, et met régulièrement les autres dans la panade - avec elle qui y est déjà, mais elle a quand même un don rare pour aggraver son cas.

J'ai trouvé Miss Plum plutôt drôle, mais son côté tête-à-claques m'a quand même pas mal porté sur les nerfs. Et côté scénar, bizarrement, le rythme est un peu poussif. En fait (et là, je sais que je vais me faire tout un paquet d'irréductibles ennemies, mais tant pis) le roman est un curieux mélange de chick litt et de policier. C'est probablement ce qui fait son succès, mais c'est indéniablement sa limite (à mes yeux). Je suppose que plus on avance dans la série, plus le dilemne Ranger/Morelli se fait complexe et alléchant, et il possible que l'on devienne accro, disons vers le tome deux ou trois. Mais moi pour l'instant, je vais en rester là.

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16 juillet 2007

Les lions d'Al-Rassan, Guy Gavriel Kay

blog___alrassanDans une péninsule qui pourrait être (qui est) celle de l'Espagne de la Reconquista, l'Al-Rassan autrefois gouvernée par les lions s'effondre lentement, dans une agonie sanglante et flamboyante. L'âge d'or asharite a extirpé de la gangue d'une société médiévale fruste et rigoriste une idée plus brillante de la culture, de la beauté et du raffinement. Parmi les Asharites, maintenant davantage enclins à la douceur de vivre qu'aux rigueurs de la religion, les Kindaths, éternels errants, éternels pourchassés, ont trouvé quelques années de répit. Mais dès que les Jaddites du Nord menacent de reconquérir l'Al-Rassan divisée entre ses roitelets qui ont perdu la puissance et la splendeur des lions, les vieux réflexes se réveillent, et les boucs-émissaires traditionnels sont à nouveau pourchassés.

Sans mièvrerie et sans clichés, Guy Gavriel Kay écrit un fabuleux roman de fantasy historique (crédible, cohérent, bien documenté), un émouvant roman d'amour (ou plutôt d'amours, complexes et entrecroisées), et un plaidoyer sensible et intelligent pour la tolérance et le mélange des cultures. Rien que ça? Ben non. Car en plus, il écrit merveilleusement bien, et il est traduit en français par Elisabeth Vonarburg: à la lecture, c'est un enchantement.

Bref, c'est un roman à lire, absolument. Et si la lectrice est reconnaissante à l'Atalante de l'avoir publié (dans ses magnifiques collections, en plus!), elle se demande ce que fait un roman qui a tout de la littérature mainstream en terre de SFFF. A part une lune de trop, oui, c'est vrai. Mais elle ne fait pas grande différence.

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06 juillet 2007

Ubik, Philip K. Dick

blog___ubikLe monde est tout bizarre. Les portes se font payer pour laisser le passage, on peut prendre la fusée aussi facilement que la voiture, ne pas mourir tout-à-fait, et les êtres humains ont muté. Il reste des gens "normaux" bien sûr, mais à présent il y a aussi des télépathes, des précogs... toutes sortes de personnes prêtes à faire un peu d'intrusion mentale, pour l'argent, l'amour ou la gloire... Et comme l'humanité n'est pas à une mutation près, elle a inventé la parade: les neutraliseurs.

Joe Chip fait partie de ces derniers. Envoyé en mission sur la Lune avec son patron Glen Runciter et la crème de l'agence, il tombe avec son équipe dans un piège dont seul le mystérieux Ubik (en spray, en crème, en poudre?) peut le tirer. Runciter est mort sur la Lune, l'équipe des neutraliseurs régresse dans le passé et se fait lentement décimer, d'étranges messages apparaissent sur les murs: qui est vivant et qui est mort? qui est dans la tête de qui?

Ubik, ou le chef-d'oeuvre du Maître... Remise des compteurs à zéro, donc, et (re)découverte de l'un des phares de la SF, en commençant par le point de départ.

J'ai souvent entendu dire que Dick était paranoïaque. Je le trouve plutôt vertigineux, dans sa pratique d'un jeu de miroirs entre réalité et fiction? rêve? réalité parallèle?, entre deux zones qui se réfléchissent l'une l'autre, mais imparfaitement. Que devient la réalité quand on la regarde dans le miroir de la fiction? Plus ou moins déformés, le monde et ses règles offrent un nouveau terrain de jeu, de prospective, de réflexion. Un monde subjectif jusqu'à la maladie mentale.

blog___alice___dragonspotJ'ai trouvé ce brillant délire fascinant et curieusement plausible - ou en tous cas suffisament bien étayé pour véhiculer une cohérence interne convaincante. Et malin aussi. Car, c'est bien connu, deux miroirs placés l'un en face de l'autre se rélféchissent à l'infini. Ca donne un peu l'impression d'être Alice en train de vertiger dans le terrier du Lapin blanc.

L'ensemble manque seulement d'un petit peu de chair, de psychologie, de sentiments, pour être parfait. Mais c'est peut-être voulu: plus attachant, Ubik serait peut-être moins inquiétant...


L'illustration, "Alice", est l'oeuvre du très sombre, tourmenté et talentueux Michaël Brack.

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01 juillet 2007

A bullet for Cinderella, John D. McDonald

blog___cinderellaUn soldat américain fait prisonnier par les Coréens revient au pays. Là, il n'a plus goût à rien, ni au travail, ni à sa "fiancée". Il largue les amarres et part à la recherche d'un pactole mis très illégalement de côté par un camarade mort dans le camp - avec un seul indice: "Cindy".

J'avoue, je suis partie avec un petit a priori, car John D., que je me garde de confondre avec Ross, n'est pas le meilleur auteur de polars que je connaisse: un peu trop psy-à-deux-francs pour ça, à mon goût. Mais j'avais envie de VO anglaise, et c'est tout ce que j'avais sous la main. Donc, persuadée de la pauvreté de ce que je lisais, je me suis persuadée dès la page 24 que Cindy était une chienne morte et enterrée, et que le pactole se trouvait dans sa tombe. Voui. Du coup, j'ai lu jusqu'à la fin (pour vérifier), et bien sûr j'avais tort, ça n'avait même rien à voir du tout. A part ça, des diverses énigmes qui constituent, explicitement ou non, le problème, j'avais quand même presque tout compris dès le tiers du bouquin, donc il n'y avait pas grand-chose à glaner au niveau suspense (vu qu'on sait quand même assez vite que Cindy n'est pas une chienne). Pour une fois, les séances de psycho sont plutôt bien faites (même si ça ne suffit pas à faire un roman noir). Mais la fin est pathétiquement geignarde, ça m'a un peu gâché mon plaisir. Bref, le "crackerjack thriller" qui "should not be missed" que me promettait la couverture était finalement... très dispensable!

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27 juin 2007

Honor Harrington II - Pour l'honneur de la Reine, David Weber

blog___honor2Où l'on apprend  que les chats qui font "blic" sont capables de tuer un homme armé à griffes nues. Ca peut servir.
Où l'on apprend que les femmes qui ne sont pas belles peuvent être magnifiques. Ca soulage.
Où l'on apprend que dieu n'est pas forcément du côté des fanatiques. Ca rassure.

Où l'on confirme qu'utiliser les prénoms des membres de son équipage est tactiquement payant en management. Ca se tient.
Où l'on apprend qu'avoir le sens de l'honneur rapporte titres et fortune. Ca paye.
Où l'on s'énerve toutes les trois pages sans pour autant lâcher son bouquin. Ca laisse perplexe.

Le space-opera, lasers et paillettes - suite.
Et je suis très partagée.
Les premières pages m'ont fait fumer: le môsieur qui écrit les aventures d'Honor est ultra-militariste, fervent partisan du nucléaire, et fait des amalgames fâcheux entre écologie et fanatisme religieux. Trèèès mauvais début. Et en filigrane, on trouve des transpositions extrêmements gênantes de la situation géopolitique contemporaine (Kev avait raison, on finit par y venir), avec un gentil royaume d'un côté, une méchante république populaire de l'autre, et des luttes d'influence, en attendant la guerre, autour de mondes satellites sous-développés.

Avec ça, je me découvre (à ma grande surprise) une quasi-tendresse pour les combats aux rayons-lasers, les combats rapprochés à coup de missiles, les tactiques tordues à partir de données scientifiques hautement fantaisistes (on appelle ça de la "military science-fiction" paraît-il), au point que je voulais absolument finir mon tome II avant de faire quoi que ce soit d'autre. Ekwe, envoûtée par un space-opera militariste? non, quand même pas. On peut largement se passer des aventures d'Honor, et encore plus de la morale qui les souligne sans finesse. Je m'en vais lire un Verne, histoire de me remettre les idées en place...


Juste avant, Honor était en mission à Basilic.

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