ekwerkwe's nest

Les notes de lecture d'ekwerkwe

24 septembre 2007

De Na'ya Lune à Majipoor

"Lisey attendit. Elle n'avait pas préparé ce qu'elle allait dire. Encore une Règle d'Or des Landon: tu prépares ta diatribe seulement en cas de litige. Mais quand t'es vraiment furax - quand t'es parti pour tailler un nouveau costard à quelqu'un, comme dirait l'autre - vaut mieux en général laisser gonfler le flot et puis lâcher les vannes.
Elle resta donc assise là, cerveau prudemment vide, à faire tournoyer son paquet de cigarettes. Vrrrr-vrrrr-vrrrr."

Histoire de Lisey, Stephen King

"Il se demanda ce qu'il allait dire à lord Stiamot.
Il ne servait à rien de le préparer; les mots viendraient d'eux-même ou ils ne viendraient pas. Au bout d'un certain temps, il glissa dans une sorte de demi-sommeil, l'esprit lucide mais figé, ne songeant à rien, ne calculant rien."

Les chroniques de Majipoor, Robert Silverberg

*******

"En contrebas, une femme vêtue d'un caftan et tenant à la main la photo d'un petit enfant au sourire brèche-dent se retourna et prononça sur un ton de remontrance des mots qui dérivèrent lentement vers elles."

Histoire de Lisey, Stephen King

"Il secoua la tête en signe de refus et l'un des chasseurs, une femme, s'approcha et lui fit un sourire moqueur, un sourire de brèche-dent à la grande bouche empestant le poisson séché."

Les chroniques de Majipoor, Robert Silverberg

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25 mai 2007

Numéros de téléphone

blog___tel3- C'est mon dernier mot.
- Au cas où vous changeriez d'idée...
- N'y comptez pas.
- Enfin, à tout hasard, insiste-t-il avec douceur. J'aimerais vous donner mon numéro de téléphone ici à Albany. Vous pourrez m'y joindre à n'importe quelle heure. (Il me sert un numéro que je ne prends même pas la peine de noter et ajoute:) J'espère avoir bientôt de vos nouvelles, monsieur Smith.
- J'en doute fort.

in Bon app'!, Donald Westlake

blog___tel4Il y eut d'autres appels. Villon disant qu'il avait la certitude que Jacob avait été assassiné, que ses collègues ne voulaient pas voir l'évidence, tous des fachos. On le suivait, lui aussi, il en avait la certitude. Nous étions tous en danger. Bien plus que ce que nous pouvions craindre. On refuse toujorus de voir le danger qui encercle. On croit jusqu'au bout pouvoir échapper à la rafle. Un soliloque bizarre. C'est comme ça qu'on disparaissait, dans les villes. Villon m'indiqua un tas de numéros de téléphone où je pouvais le joindre.Je me gardais bien de les noter, que pouvais-je avoir à lui dire?

in Bastille Tango, Jean-François Vilar

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14 mai 2007

Le mythe du Dieu Cargo

     Quoyle sortit du bureau. Des accidents de voiture. Contempla les annuaires du téléphone en morceaux.
     "Quoyle! chuchota Nutbeem. Ohé, Quoyle, tu ne vas pas te mettre à pleurnicher devant nous, j'espère? Tu ne vas pas repartir dare-dare aux Etats-Unis, n'est-ce pas? On compte sur toi, Quoyle. On a édifié un vrai culte du cargo autour de ta personne, Quoyle."
     Jack Buggit entrouvrit la porte vitrée de son bureau et passa la tête.
     "Billy! Est-ce qu'Elvis a eu ses petits?
     - Ouais, la semaine dernière. Trois. Tous les trois noirs avec des pattes blanches.
     - Bon, j'en prends un." La porte se referma.

in Noeuds et dénouement, E. Annie Proulx

blog___dieu_cargo2

     Des siècles durant, personne n'avait brisé l'isolement des autochtones, et soudain les militaires anglais débarquent, construisent une base, installent un émetteur radio et une pluie de parachutes amène du ravitaillement. Après un temps de réflexion, les autochtones fabriquent des imitations d'antennes en bambou, des répliques d'émetteurs avec des cartons, des contres à vêtements et des bouts de tubes de cuivre jetés par les Anglais, et même un cahier de notes imitant le manuel de cryptage.
     Devant leurs antennes et leurs cartons, ils maintiendront un dialogue lucide en établissant des listes de demandes et en expliquant aux dieux qu'ils sont bien plus humains que les Anglais. Ils prieront les cartons pour leur demander que les oiseaux géants leur envoient les boîtes de conserve, les sachets de chips, les pots de confiture de fraise, les canots pneumatiques avec des moteurs hors bord, les hamacs, les fusils, les cannes à pêche.

in Nous revenons comme des ombres, Taïbo II

blog___dieu_cargo3

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